Archivage

Les billets de ce blog, ainsi que leurs commentaires, ont été importés sur Polit’bistro, le blog qui lui a succédé et qui continue. Presque six ans de blogging universitaire ! Au plaisir de vous retrouver là-bas.

Cheers,

François

Petit rappel

Ce blog continue sous une forme un peu différente sur Polit’bistro, des politiques et du café ! Voici les dernières notes publiées :

Polit’bistro est hébergé par Hypothèses, la plateforme de blogs en sciences sociales lancée par le CLEO. Nous sommes deux à y publier, et espérons être rejoint par d’autres. À bientôt au bistro, donc !

Nouvelle adresse

Un blog de doctorants en science politique remplace désormais celui-ci : Polit’bistro : des politiques, du café. Ce nouveau blog participe au lancement d’une plate-forme de blogs en sciences sociales, Hypothèses.

Rejoignez-nous sur cette nouvelle adresse ! Certains billets vont être transférés d’un blog sur l’autre, de manière manuelle, après reprise des contenus. L’objectif reste le même : faire connaître les ressources en ligne de la science politique. Un deuxième objectif s’y est rajouté : partager, avec mon co-auteur, une partie de notre quotidien de jeunes chercheurs.

La revue “Pouvoirs” en accès libre : une petite révolution et une excellente initiative

Ce blog sort exceptionnellement de sa torpeur pour souligner une petite révolution dans l’univers de la science politique française : la revue Pouvoirs est à présent accessible en ligne, en accès libre qui plus est.

Toutes nos félicitations à la direction de la revue et à son éditeur pour cette initiative, qui est à la fois révolutionnaire et excellente:

  • Révolutionnaire, car les éditeurs français ne sont pas à la pointe de la mise en ligne de leurs revues scientifiques ; la recherche française ne se distingue pas non plus en matière d’open-access. La revue Pouvoirs, éditée par le Seuil, était encore récemment à peine visible en ligne (il fallait passer par les services de documentation des Institut d’Études Politiques pour obtenir leurs tables des matières !). Certaines revues végètent toujours dans cet état ; Pouvoirs en est sortie avec brio et éclat.
  • Excellente, tout d’abord parce que Pouvoirs est une excellente revue, à la jonction entre recherches en science politique et études du régime politique. Excellente aussi pour le choix du full-text accessible gratuitement pour les anciens numéros. Ce choix est juste, au titre de la démocratisation des résultats de la recherche ; ce choix est intelligent, car la revue sera indexée dans les moteurs de recherche ; ce choix est judicieux, car les articles seront plus lus, plus cités, plus discutés. Bravo ! 

Je ne crains pas d’exhumer ce blog dans un accès de joie et sans excès d’enthousiasme. En juin, ma conclusion soulignait que la science politique française est une discipline “discrète” à plusieurs points de vue. L’initiative de la revue Pouvoirs contredit totalement cet état des lieux (sans invalider, à mon sens, mon observation, qui vaut toujours pour le reste de la discipline).

Félicitations encore, et bonne lecture ! À 3 euros l’article et 18 euros le numéro, je conseille les récents numéros “Serviteurs de l’État” et “Démocratie sous contrôle médiatique”, et le dernier, évidemment, sur la Ve République. Dans les numéros en accès libre, on trouvera d’excellents numéros sur le gouvernement de la France, l’État-providence, le pouvoir médical ou les groupes d’intérêt.

Dans le contexte actuel, je conseille tout particulièrement les chroniques de John Keeler sur la présidence Clinton, dont on souhaiterait tellement lire des équivalents dans des revues comme la Revue française de science politique ou des magazines en ligne comme nonfiction.fr.

Clap de fin : une discipline discrète

Science politique en ligne a commencé en octobre 2007. Je m’étais donné un an pour en éprouver le concept initial : suivre l’actualité de la science politique française par les publications en ligne. L’expérience va s’arrêter prématurément parce que ma première intuition était correcte. S’informer sur la science politique française en se limitant à ce qui est accessible à tous en ligne est une cause perdue d’avance ; pour le meilleur ou pour le pire, les revues et les colloques scientifiques restent le seul support de diffusion de l’actualité de la discipline.

À l’heure actuelle, la plus-value apportée par les archives institutionnelles est très faible : le dépôt n’y est pas spontané, et l’on y trouve que quelques chercheurs publiant leurs dernières contributions. Les dépôts spontanés (par pages personnelles) et les séries de working papers représentent un volume de publications extrêmement faible.

Le recensement des apparitions de la science politique dans les médias montre l’apport déterminant d’une émission de radio diffusée sur France Culture. Hormis cette émission, on peut considérer comme quasi-nul le nombre d’interactions entre la discipline et la sphère publique, ce qui ne doit pas aider dans les discussions institutionnelles sur le maintien des postes en science politique ou la préservation des sciences sociales en général dans le système de recherche.

Signe des temps, la blogosphère, qui absorbe, traite et commente une grande partie de l’information disponible en ligne, y compris l’information scientifique, n’a pas grand chose à dire de la science politique française. Ce qui n’empêche que certains aient montré un intérêt pour la discipline, ou que celle-ci n’ait fourni quelques blogueurs de très grand talent, trop peu nombreux (tous mes encouragements à ceux qui ont déjà mis la main au clavier). La blogosphère universitaire reste structurellement faible en France, et la science politique n’apparaît en tête de peloton.

Le volet “dissémination” de la science politique repose, en France, sur un nombre restreint d’organisations : le CNRS, qui finance une part substantielle de la recherche dans la discipline ; les universités et Instituts d’Études Politiques qui hébergent cette recherche ; la Fondation Nationale des Sciences Politiques, dont l’identité se fond avec Sciences Po et qui finançait autrefois des postes, le recrutement étant gelé pour l’instant ; et les associations professionnelles de la science politique, parmi lesquelles l’Association Française de Science Politique assume le rôle de “société savante” – au sens faible du terme, étant donné qu’elle ne partage l’autorité nécessaire à l’accréditation professionnelles comme c’est le cas dans d’autres groupements professionnels répondant au titre de “société savante”.

Le travail de communication de chaque organisme semble s’effectuer par isolats, de manière atomisée, et l’initiative la plus fédératrice, HAL-SHS, ne renvoie pas l’image d’une discipline très dynamique. De plus, les chercheurs ne sont soumis qu’à des incentives très faibles (issus principalement de leur éthique individuelle) en ce qui concerne la dissémination, qui n’est pas valorisée (sic) dans les avancements de carrière. En définitive, le contact avec l’actualité de la discipline ne s’effectue réellement que dans une seule instance, le congrès de l’AFSP, dont la prochaine édition se tiendra à Grenoble.

Ma dernière impression est donc celle d’une discipline discrète, ce qui ne dit rien de son dynamisme interne, et moins encore de la qualité des travaux : il y a des recherches plus pertinentes, intéressantes ou rigoureuses que d’autres, mais ce n’était pas l’objet de ce blog que d’en faire l’analyse. Je me suis limité à une appréciation de la visibilité de la discipline en ligne, en partant d’une idée américaine.

Une semaine avant de fermer ce blog, je me suis engagé dans une des “centrales électriques” de la science politique française – là où le courant des idées passe et où la discipline trouve son énergie. Bonne continuation à tous !

Statistiques

Textes les plus lus :

Visites mensuelles pour les mois octobre 2007-septembre 2008, soit douze mois d’activité :

Statistiques de fréquentation, 12 mois

Quartiers sensibles

S. Tissot, “‘French Suburbs’ : A New Problem or a New Approach to Social Exclusion?”, Center for European Studies, Working Paper 160 :

At the end of 1980s, the question of « quartiers sensibles » (at-risk neighborhoods) started
to be very publicized in France. It was not only the subject of many front-page articles, but also
the target of a new public policy aimed at promoting urban and social development in about 500 neighborhoods (Politique de la ville). I argue that such a focus on « quartiers sensibles » does not only result from increasing problems such as unemployment, poverty or juvenile delinquency ; it also represents a major change in public policy. Focusing on « quartiers sensibles » directly contributed to the restructuring of the French welfare state by centering its action on specific urban spaces rather than national territory, and on social links rather than economic reality, contrary to what the welfate state claimed to do during the Fordist period. The outbreak of riots in November 2005 is inextricably bound up with the way some problems (like lack of communication and weakening social links) have been associated with the question of « quartiers sensibles » whereas the French model of integration, based on equality among abstract citizens, left some others (like ethnic discrimination) unquestioned. [halshs-00285025]

Pour info, le dépôt HAL-SHS contient une erreur, la première que je vois : l’abstract n’est pas le bon. Mais le document est bien disponible, très intéressant – et ce sujet est facilement percevable comme une question de recherche prioritaire. D’autres références sur la page CSU de l’auteur.

Publier en science politique

La journée d’études qu’organisait le Centre Maurice Halbwachs sur la publication en sciences sociales a publié un document de synthèse, rempli d’indications précieuses sur plusieurs revues de science politique et apparentées. Aperçu chez Baptiste Coulmont.

Par ailleurs, la page “Blogs” contient une nouvelle entrée de politiste-blogueur. Mon conseil : commencez par ce texte.