Science politique en ligne

Articles étiquettés ‘comparaison’

Vue de l’extérieur

3 mars 2008 · Un commentaire

Pas vraiment une recension, mais allons-y…

Le dernier numéro de Politics & Society présente un article de C. L. Schneider sur les émeutes de novembre 2005 :

This article looks at riots that consumed Paris and much of France for three consecutive weeks in November 2005. The author argues that the uprisings were not instigated by radical Muslims, children of African polygamists, or despairing youth suffering from high unemployment. First and foremost, they were provoked by a terrible incident of police brutality, a tragedy among a litany of similar tragedies. Black and Arab youth were already frustrated: decades of violent enforcement of France’s categorical boundaries—both racial and geographic—had filled many with rage. When Minister of Interior Nicholas Sarkozy responded to the violent death of three teenage boys on October 25, 2005, by condemning the boys rather than the police officers who had killed them, he merely reaffirmed what many young blacks and Arabs already believed: that their lives have no value in France.

Key Words: race riots in France • police power

Cet abstract m’a laissé un peu surpris, et peut-être l’article me surprendrait-il encore plus si j’y avais accès. D’une part, mettre le fondamentalisme islamique, la polygamie et le chômage sur la même ligne de facteurs explicatifs me paraît tellement hors de propos que je ne sais pas comment réagir. Ensuite, retirer le chômage des facteurs explicatifs me paraît très peu indiqué, à moins de se limiter à une explication événementielle de type journaliste tapant une dépêche dans les heures qui suivent l’incident… ce qui semble être l’intention du texte, si l’en croit la suite. La conclusion est toute aussi surprenante, étant donné que la position du ministre d’époque devient la position de la France, alors que même les autres membres de l’exécutif en 2005 ne partageaient pas sa politique. Accessoirement, je ne connaissais pas le mot-clé “race riots in France”.

Trois questions : qui a rédigé l’abstract, et est-ce un reflet du texte ? comment cela peut-il passer un peer review ? et quel est la part d’erreur induite par l’observation à distance ? Peut-être l’auteur nous lira-t-elle.

Catégories : Méthodologie · Sociologie politique
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Les politiques des biotechnologies médicales

9 novembre 2007 · Laisser un commentaire

A.-S. Paquez, “Les politiques publiques des biotechnologies médicales (diagnostic préimplantatoire, thérapie génique, clonage) en Allemagne, en France et au Royaume-Uni” :

(FR) Les années 1990 ont vu se succéder des « premières » dans le domaine des biotechnologies médicales (diagnostic préimplantatoire, thérapie génique, clonage), faisant passer des thèmes de la science-fiction à des enjeux politiques majeurs et soulevant alors de vifs débats sur la légitimité, les modalités et, au-delà, le sens d’une action publique. Ces pratiques, qui bouleversent la conception civilisationnelle traditionnelle, ont radicalisé la perception d’une crise du progrès et d’un risque moral.

L’objectif de la thèse est de mettre en évidence si ces « nouvelles » questions ont suscité des modes d’action publique originaux.

La comparaison entre l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, trois Etats européens qui ont fondé leur développement sur la science, permet d’identifier ce qui, dans la formulation des politiques publiques, relève de la nature de l’objet ou du contexte.

L’analyse du droit, du cadre institutionnel et des mesures de soutien à la recherche et à l’industrie montre, entre les trois Etats, des différences majeures qui tendent néanmoins, depuis 1990, à s’estomper. Cette relative convergence, aux niveaux du gouvernement (au sens large de ce terme) et du style politique, amène à s’interroger sur les facteurs du changement et, en regard, sur le phénomène de « résistance » à de nouvelles technologies.

(EN) The nineties saw the successful making of « premieres » in the field of medical biotechnology (preimplantation genetic diagnosis, gene therapy, cloning), turning science fiction stories into real and major political issues and raising debates over legitimacy, ways and, beyond, the sense of a public action. These practices, which have disrupted the traditional conception of civilization, have made the perception of a crisis in progress and of a moral risk worsen.

The purpose of this research is to investigate whether these « new » questions have made new features in policy-making emerge.

The comparison between Germany, France and the United Kingdom, three European countries which based their development on science, helps identifying what, in the framing of public policies, belongs to the nature of the topic from the context.

Law, the institutional setting, research and industrial policies have started to converge, especially in the government (in the broad meaning of this word) and in the style. However, some political decisions remain the same, which raises further interrogations on the conditions for policy change and, by contrast, on the phenomenon of « resistance » towards new technology.

Thèse en ligne : présentation, fichier (765 pages).

Catégories : Politiques publiques
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Peut-on parler d’un modèle Anglo-Saxon ?

5 novembre 2007 · Laisser un commentaire

J. Jennings, “Peut-on parler d’un modèle Anglo-Saxon ? (Contribution à une histoire de nos préjugés)” :

Peut-on parler d’un modèle anglo-saxon ? Ma première réponse à cette question est la suivante : il est évident que l’on peut parler d’un modèle anglo-saxon et d’ailleurs, que l’on parle du modèle anglo-saxon. Cependant, si la question est posée autrement – par exemple : « est-ce que l’on a raison de parler du modèle anglo-saxon ? » – la réponse est moins évidente. [13 pages]

Note de service : je vais devoir ralentir le rythme de publication de ce blog. Les sources qui rentrent dans mes critères de sélection ne se renouvellent pas suffisamment rapidement pour permettre deux recensions par jour. À vrai dire, trois nouveaux textes par semaine (lundi, mercredi, vendredi) serait déjà un objectif ambitieux. Je crois que cela est dû principalement à la faible culture de diffusion en ligne et de circulation des travaux en cours (drafts, working papers etc.).

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