La journée d’études qu’organisait le Centre Maurice Halbwachs sur la publication en sciences sociales a publié un document de synthèse, rempli d’indications précieuses sur plusieurs revues de science politique et apparentées. Aperçu chez Baptiste Coulmont.
Par ailleurs, la page “Blogs” contient une nouvelle entrée de politiste-blogueur. Mon conseil : commencez par ce texte.
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Taggé: Publication
Le rapport du président du jury est en ligne, sur le site de l’AFSP.
Résumé
- La composition du jury mentionne l’équilibre institutionnel, la présence d’un spécialiste de l’histoire contemporaine (Henri Rousso, qui parlait avant-hier chez Ali Baddou) animant un séminaire de socio-histoire où se rencontrent politistes et historiens, et la sous-représentation des femmes. (Citée hors contexte, la dernière phrase de la deuxième page est amusante : “une femme devrait les aider néanmoins à surmonter cette inquiétude.”)
- Les candidats venaient principalement de la sociologie politique ; viennent ensuite les relations internationales et l’histoire des idées politiques, à égalité si l’on compare avec les candidats de 2004 (la théorie politique comme spécialité première est néanmoins en voie d’extinction), et les politiques publiques en dernière position, même si le jury note la porosité avec la sociologie politique.
- Les remarques du jury portent sur les fondamentaux de la discipline, pas toujours bien maîtrisés après plusieurs années de thèse le nez dans le guidon, sur la nature exacte de la théorie politique et sur sa scientificité, et sur le fait que l’agrégation n’attire pas suffisamment de candidats dans la discipline. Les notes sur le déroulement ne sont pas intéressantes ; on y apprend seulement que la recommandation éternelle des enseignants, “Lisez moins vos notes”, vaut aussi pour l’agrégation…
Rien de très surprenant à première vue, mais vos commentaires plus attentifs et mieux informés sont les bienvenus, comme toujours.
Analyse de contenu
On remarquera que, comme le Parti socialiste, le jury de l’agrégation ne soutient aucune “espérance révolutionnaire”. Les références communes aux deux textes concernent la science, les Nations Unies, et la diversité.
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Taggé: agrégation
Olivier Borraz, Virginie Guiraudon, Philippe Bezes et Pierre Lascoumes étaient au micro de Sylvain Bourmeau pour une émission spéciale “Politiques publiques” de La suite dans les idées. L’émission a été diffusée le 18 avril 2008 ; elle est encore disponible cette semaine sur le site de France Culture. Au-delà de ce délai, voici une archive audio à disposition des lecteurs-auditeurs en retard.
Sylvain Bourmeau avait déjà interviewé Nona Mayer au sujet de la science politique française et américaine, ce que vous retrouverez facilement grâce à la courte recension qu’y avait consacré ce blog.
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Taggé: Politiques publiques, radio
Certes il ne s’agit pas de science politique francophone à proprement parler, mais je tenais à recenser le premier à recenser ce papier qui compare les stratégies médiatiques de Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy :
The Construction of Contemporary Leadership in Italy and France
In contemporary democracies the ascent of political leaders cannot be explained without referring to their communication style and campaign strategies. This paper intends to analyze two different countries, Italy and France, which have recently experienced a remarkable increase of personalization and mediatization of politics. First of all, I will carry out an exploration of similarities and differences in Italian and French electoral campaigns paying special attention to the role of media in the construction of leadership. Then, I will attempt at providing a comparison between the two leaders who have put their marks on recent electoral campaigns: Silvio Berlusconi and Nicolas Sarkozy. Both leaders are credited with a notable expertise in political marketing and news management. The analysis will highlight common aspects, but will also underline those different features allowing us to identify and design at least two distinct types of “mediatized” leadership. [12 pages]
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Taggé: médias, nicolas sarkozy, silvio berlusconi
L’opinion critique que publie Marianne de Patrick Weil sur la loi LRU, dite d’autonomie des universités et avancée par Valérie Pécresse, exprime probablement une opinion assez largement partagée au sein de la science politique pour valoir une recension dans cette colonne, d’autant plus que le biais qu’il attaque, le localisme, a été observé empiriquement en science politique. Olivier Godechot, qui menait l’enquête avec Nicolas Mariot, est très clair dans la revue “Système D” de l’ANCMSP : “il faut interdire le localisme”.
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Taggé: autonomie, localisme, lru, universités
Toutes mes excuses pour le retard avec lequel je corrige la recension précédente, publiée à l’état de brouillon dans un premier temps. C’est un blog expérimental, vous l’aurez compris désormais.
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S. Marthaler dans le Journal of European Public Policy sur la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy :
Since 2002, French immigration policy has been largely driven by Nicolas Sarkozy, as Minister of the Interior, leader of the centre-right UMP and, from 2007, President of the Republic. His discourse and action on immigration control and integration have diverged in significant respects from earlier centre-right handling of these issues. This contribution seeks to explore how and why Sarkozy has changed the terms of the immigration debate in France by examining the way in which policy has evolved and by identifying the forces driving the conduct and stance of the centre-right in France. In particular, it assesses the extent to which shifts in policy have been a response to political competition and public opinion. It concludes that party political considerations have been a major factor in Sarkozy’s strategy and that, while this appears to have paid off in electoral terms, its success in social terms is more equivocal. [15 pages]
Une remarque : où est le terrain ? J’ai recueilli quelques commentaires par email, et les observations sont unanimes : l’article est un bon exemple de tourisme intelligent, mais pas de recherche à proprement parler.
En rédigeant cette recension, je me rends compte que j’ai commis deux erreurs en ouvrant ce blog. La première a été de soutenir un rythme de publication indexé sur mes habitudes plutôt que celles de mes lecteurs ; une recension hebdomadaire, voire tous les dix jours, aurait suffit.
La seconde erreur a été de ne pas inclure les vues de l’extérieur dans ma ligne éditoriale ; ces vues sont très intéressantes pour les politistes français, elles fournissent même peut-être un double incentive pour publier ailleurs qu’en France, dans des revues scientifiques proprement internationales : les vues de piètre qualité appellent des corrections (et celles de bonne qualité des rejoinders), et un lectorat international existe pour nos questions de recherche françaises.J’aurais dû rédiger ce blog en incluant cette optique, mais j’ai commis l’erreur de Charles Pasqua contemplant le nuage radioactif de Tchernobyl, je me suis arrêté à la frontière.
À ma décharge, l’erreur est répandue dans la discipline et dans les sciences sociales françaises en général. Mais si j’avais souhaité fournir un meilleur effort de défiance constructive vis-à-vis du fonctionnement de la discipline pendant les premiers mois d’existence de ce blog, j’aurais dû révéler ce tropisme et lever ce biais.
À ma décharge toujours, ce n’était pas l’objet premier de ce blog que de chercher à proposer des réformes dans le sens de l’internationalisation de la discipline, et ce tournant provient également du fait que plusieurs pétitions et documents ont circulé sur ce thème récemment.
Ce long détour sur les intentions et la stratégie de publication de ce blog pour vous informer, chers lecteurs, que les vues de l’extérieur sont à présent devenues une catégorie de ce blog. Et, pourquoi pas, publier quelques entretiens avec les auteurs de ces vues ?
Categories: Sociologie politique
Taggé: immigration, sarkozy
Voilà un titre ultra-racoleur destiné à surfer allègrement sur l’effet de conjoncture.
Jean-Yves Nevers et ses co-auteurs ont mis un grand nombre de papiers sur la politique municipale (élus, élections, etc.) en ligne, juste à temps pour les élections municipales. Une manière simple d’accéder au listing des papiers est d’utiliser l’URL simplifiée aut/nevers à partir de HAL ou HAL-SHS.
Cette recension fait suite à une précédente, sur les maires des petites communes face à la diversification du monde rural, des mêmes auteurs.
(Les lecteurs du fil RSS auront aperçu aujourd’hui un brouillon de recension qui sera publié en version finale dans cinq jours. Pardon pour la confusion, et patience !)
Categories: Sociologie politique
Taggé: élections municipales, élus locaux, maires, mairies, municipales, politiques locales
Pas vraiment une recension, mais allons-y…
Le dernier numéro de Politics & Society présente un article de C. L. Schneider sur les émeutes de novembre 2005 :
This article looks at riots that consumed Paris and much of France for three consecutive weeks in November 2005. The author argues that the uprisings were not instigated by radical Muslims, children of African polygamists, or despairing youth suffering from high unemployment. First and foremost, they were provoked by a terrible incident of police brutality, a tragedy among a litany of similar tragedies. Black and Arab youth were already frustrated: decades of violent enforcement of France’s categorical boundaries—both racial and geographic—had filled many with rage. When Minister of Interior Nicholas Sarkozy responded to the violent death of three teenage boys on October 25, 2005, by condemning the boys rather than the police officers who had killed them, he merely reaffirmed what many young blacks and Arabs already believed: that their lives have no value in France.
Key Words: race riots in France • police power
Cet abstract m’a laissé un peu surpris, et peut-être l’article me surprendrait-il encore plus si j’y avais accès. D’une part, mettre le fondamentalisme islamique, la polygamie et le chômage sur la même ligne de facteurs explicatifs me paraît tellement hors de propos que je ne sais pas comment réagir. Ensuite, retirer le chômage des facteurs explicatifs me paraît très peu indiqué, à moins de se limiter à une explication événementielle de type journaliste tapant une dépêche dans les heures qui suivent l’incident… ce qui semble être l’intention du texte, si l’en croit la suite. La conclusion est toute aussi surprenante, étant donné que la position du ministre d’époque devient la position de la France, alors que même les autres membres de l’exécutif en 2005 ne partageaient pas sa politique. Accessoirement, je ne connaissais pas le mot-clé “race riots in France”.
Trois questions : qui a rédigé l’abstract, et est-ce un reflet du texte ? comment cela peut-il passer un peer review ? et quel est la part d’erreur induite par l’observation à distance ? Peut-être l’auteur nous lira-t-elle.
Categories: Méthodologie · Sociologie politique
Taggé: émeutes, comparaison, France
L’actualité de la profession étant chargée en ce moment, une nouvelle tribune de politistes au sujet cette fois-ci du CNRS et de l’erreur que représenterait son démantèlement, tel qu’il s’esquisse dans le discours politique courant :
Recherche : les oeillères du réformisme
L’affaire semble entendue : “Haro sur le CNRS !”, crient en choeur les réformateurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Et les sciences humaines et sociales (SHS) de servir de bouc émissaire. Conseiller à l’Elysée, l’éminent économiste Bernard Belloc mentionne des “données officielles” selon lesquelles “30 % des chercheurs des SHS ne publient jamais rien dans leur vie. Même pas dans La Dépêche du Midi” (Les Echos, 28 janvier).
Sans appel, ce jugement est simplement diffamatoire pour les innombrables chercheurs qui travaillent bien plus de quarante heures par semaine, souvent le week-end, publient dans des revues à comité de lecture, s’associent à titre d’experts aux travaux d’organismes publics et privés, organisent des colloques, enseignent dans les universités et initient des entreprises de recherche collectives. Il y a plus grave : au-delà du cynisme, ce jugement traduit un mauvais diagnostic et prélude à une erreur historique.
La tribune est signée par Daniel Benamouzig, Philippe Bezes, Pierre Lascoumes, et Patrick Le Lidec. Les liens ne sont pas d’origine.
Je joins ce commentaire personnel, suffisamment inoffensif pour pouvoir figurer en fin de recension.
Malheureusement, cette tribune ne reflète pas la profession de politiste, ni même de chercheur en sciences humaines et sociales. Les propos des auteurs n’y sont pour rien, j’ai l’impression au contraire qu’ils ont réussi à formuler très clairement ce que la plupart de mes interlocuteurs m’ont rapporté.
Mais structurellement, il y a un biais : où sont les doctorants ? Pourquoi cette tribune ne peut-elle pas accueillir la signature d’un doctorant en science politique ? Les auteurs évoquent la division interne du travail minée par le mandarinat
et les faibles perspectives de carrière pour les jeunes maîtres de conférences
, mais avant d’être MdC
, les jeunes
de la profession, ce sont les doctorants, qui sont censés avoir acquis un statut professionnel depuis une récente réforme.
Les sciences humaines et sociales font trop peu de cas de leurs plus récentes recrues, et l’on retrouve probablement ce biais dans dans secteurs d’activité professionnelle. Cette tribune le montre indirectement ; en toutes circonstances, il faudra que cela change dans un futur proche si les sciences humaines et sociales au CNRS veulent maintenir leur attractivité auprès des étudiants au niveau des choix de Master, attractivité qui déjà s’amenuise parmi les dernières générations de diplômés.
Ce n’est évidemment pas la seule tribune que je lis à reproduire ce biais : Le Monde avait publié plusieurs textes au moment des mouvements de protestation à l’EHESS, et à ma connaissance, aucun n’était signé par le moindre doctorant, malgré la présence d’auteurs multiples.
C’est cette critique, constructive je l’espère, que je peux proposer en tant que doctorant. J’en ai lu d’autres mais toutes s’accordent pour suivre la ligne générale du texte : il faut sauver le CNRS. (À la relecture le style de ce commentaire me semble maladroit mais je crois que le contenu, principal, y est. N’hésitez pas à demander quelques éclaircissements en commentaires, ou à commenter directement !)
Categories: Profession
Taggé: chercheurs, cnrs, doctorants, réforme